Intelligence artificielle : quel brouillard, je suis perdu !

C'est aussi notre constat. Le sujet n'est pas tout le temps présenté de manière très claire.

Du buzz, du buzz, du buzz.

Tout le monde veut faire du buzz autour de l'intelligence artificielle et l'utilise sur les réseaux pour assurer sa publicité.
Tous les pretextes sont bons, mêmes les plus éloignés. Quelquefois le lien entre le sujet présenté et l'IA est tiré par les cheveux.

Le buzz crée du bruit autour du concept et ne facilite pas la compréhension pour tout un chacun.
Cet article est écrit dans l'optique de vous fournir une grille de lecture face à cette masse d'information.

Les mots un un sens.

L'intelligence artificielle est une science cognitive. Elle est interdisciplinaire et étroitement liée à :

  • la psychologie
  • la philosophie
  • la linguistique
  • l'anthropologie
C'est une discipline académique depuis 1950.
En tant que telle, elle est clairement le métier des chercheurs, plus particulièrement à Oxford, Stanford.

Pour plus d'informations, nous vous invitons à lire notre support qui présente en 9 diapositives : "L'intelligence artificielle : Par où commencer ?"

L'IA comme porte drapeau

Aujourd'hui les entités qui semblent parler le plus d'intelligence artificielle, le font à travers un prisme commercial.
Elles occupent de l'espace. Le tag #IA est souvent accolé à une marque, à un produit.

Rappel : Kindrobot n’est ni un tribunal, ni un ring de boxe.

Microsoft, Google, Amazon, IBM ne représentent pas "l'intelligence artificielle" au sens premier mais en implémentent certains concepts qu'ils vendent.
Il est normal qu'ils agissent ainsi. Leur but est de tirer des bénéfices de la technologie.

Cela veut dire qu’ils ont décliné une offre marketing reprenant des principes d’intelligence artificielle comme :

  • reconnaissance du langage
  • reconnaissance d'image
  • simulation de dialogue (chatbots)
  • utilisation de réseaux neuronaux
  • mise à disposition d'infrastructure et de puissance de calcul

Quel est leur intêret dans tout ça ? La donnée plus chère que l'or.

On ne peut pas résumer l'intelligence artificielle au seul aspect commercial mais c'est une composante importante.
Y compris dans le processus de démocratisation.

Les systèmes informatiques qui embarquent des concepts d'intelligence artificielle ont besoin de deux choses :

  • de la puissance de calcul pour entrainer les modèles mathématiques à répondre, prédire, agir
  • de la donnée (chiffrée en milliards de gigaoctets) pour alimenter ces modèles mathématiques

Ces données sont fournies par nous, gratuitement, à travers :

  • la géolocalisation
  • les partages facebook, google, twitter, instagram
  • nos achats sur amazon
  • nos connexions wifi
  • nos recherches sur google
  • nos téléphones, nos applications

Ces données valent de l'or. Elles renseignent sur nos comportements, nos pensées, nos habitudes.
Elles alimentent les bases de données des géants du net et leur permettent de développer leurs futurs produits.

Au-delà du produit

Les mises en avant impressionnantes des exploits techniques occultent tout de même une partie du débat.

Un spectre large de données est collecté par les applications en vue d'analyses que l'on du mal à cerner en tant qu'utilisateur.
Les buts poursuivis ne sont pas clairement exposés.
Lors d'une mise à jour d'application, nous nous contentons de donner notre accord concernant un accès à notre téléphone par exemple.
En tant que client/consommateur, on a effectivement coché la case qui dit "J'ai bien lu et j'accepte les conditions générales d'utilisation".

Le saviez vous : L’application Uber avait techniquement un accès permanent à l’affichage de l’écran du téléphone. Pourquoi ?
Avec toutes les dérives potentielles que cela sous-entend, tout du moins que l’on s’imagine.

Les règles de capture, d'analyse et d'exploitation de ces données sont à la discrétion des développeurs, éditeurs, stratégies commerciales.
Elles font partie des secrets technologiques farouchement gardés mais ont un impact direct sur les produits, les applications, nous.

DeepMind/Google vient de créer un organisme éthique en interne pour travailler sur ces sujets qui deviennent centraux.

A tout ceci, continuent de s'ajouter les bugs qui mécaniquement prennent une importance plus grande qu'auparavant et des proportions conséquentes (ie les bad buzz).
L'exemple ci-dessous d'un assistant Google Home Mini qui enregistrait 24h/24h et 7j/7j son utilisateur.
Quand un Google Home Mini se transforme en espions
La réponse du support Google : [Fixed issue] Google Home Mini touch controls behaving incorrectly

L'intelligence artificielle est beaucoup plus vaste qu'un ensemble de produits commerciaux aussi réussis soient-ils ou que leurs bad buzz associés.

N'hésitez pas à me contacter, vos commentaires et critiques sont les bienvenus. Merci de m'avoir lu.